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Hop France a présenté ce mois-ci devant des brasseries venues du monde entier, les résultats de plusieurs travaux de recherche menés notamment avec Twistaroma. Mais aussi une nouvelle identité et sa feuille de route pour les prochaines années. Derrière cette évolution graphique se dessine surtout une évolution plus profonde : mieux comprendre les houblons français, leur comportement au brassage et les moyens de révéler leur potentiel aromatique dans la bière.
Nouveau logo, nouvelles fiches techniques, recherches variétales, brassins pilotes, caractérisation aromatique, accompagnement des brasseries et transition agroclimatique : Hop France cherche désormais à relier plus étroitement le houblon dans la houblonnière, le houblon dans la cuve et flaveurs dans le verre.
Des fiches techniques pensées pour les brasseries
Une fiche variétale traditionnelle renseigne généralement les teneurs en résines, acides alpha et bêta, les huiles essentielles et quelques grandes familles aromatiques. Des informations indispensables, mais qui ne suffisent pas toujours à répondre à une question très pratique : Comment utiliser ce houblon pour obtenir réellement les arômes recherchés dans la bière ?
Un houblon n'a pas un profil aromatique totalement figé. Une même variété peut donner des expressions sensorielles très différentes selon son utilisation : ébullition, flameout, whirlpool, dry hopping, température, durée de contact… mais également selon la levure avec laquelle elle est associée et leurs biotransformation sont également déterminantes.
Présentation de la nouvelle stratégie Hop France le 11 septembre 2026 devant des brasseurs venues du monde entier
Près de 500 mini-brassins pour comprendre sept variétés alsaciennes
Le programme mené avec Twistaroma a porté sur sept variétés : Aramis, Barbe Rouge, Elixir, Mistral, Strisselspalt, Triskel et Teorem. Pour chacune, différentes modalités de houblonnage ont été testées : ébullition, whirlpool, flameout, dry hopping, associées à plusieurs levures.
Sept houblons, sept conditions de houblonnage et trois levures réalisés en triplicat, en ajoutant les contrôles qualité, ce sont ainsi près de 500 mini-bières qui ont été produites et analysées.
Les bières obtenues ont ensuite été caractérisées par SPME-GC/MS-SCD, afin d'observer notamment plusieurs familles de molécules aromatiques. Parmi les composés soufrés recherchés figurent notamment les thiols 4-MMP, 3-MH, 3-MHA et 3-MMB. Les analyses portent également sur d'autres marqueurs aromatiques importants du houblon et de la bière : β-myrcène, β-caryophyllène, géraniol, citronellol, butanoate d'éthyle, hexanoate d'éthyle, etc.
L'intérêt de ce dispositif est de dépasser une lecture simplifiée des flaveurs mais permet de déterminer quelle combinaison de variétés, de techniques de houblonnage et de levures permet de favoriser telle ou telle expression aromatique.
Ainsi avec une variété est identique, sa technique d’utilisation utilisation qui modifie profondément la perception des flaveurs obtenue. Mais les recherches vont encore plus loin avec une comparaison des composés soufrés obtenus avec différentes levures. Aramis est présenté comme particulièrement riche en précurseur S-3MH-Ac-Cys, susceptible de conduire au 3-MHA, associé à des notes de fruits tropicaux.

Fiche Technique Houblon Aramis
Les recommandations deviennent donc directement brassicoles : utiliser une levure ayant une forte activité β-lyase, ajuster le moment du houblonnage, travailler la température ou encore associer flameout et dry hopping tardif. On passe ainsi de la composition chimique d'un houblon à une véritable stratégie d'expression aromatique.

De la recherche variétale à l'accompagnement technique et la transition agroclimatique
Cette montée en puissance des connaissances brassicoles s'inscrit dans une évolution plus large de Hop France. L'objectif affiché est de renforcer simultanément l'amont et l'aval de la filière. Côté producteurs, il s'agit de continuer à produire des houblons français de qualité tout en faisant évoluer les pratiques agricoles. Côté Hop France, l'ambition est de transformer davantage l'expertise agronomique et variétale en innovation brassicole et en outils techniques. Les brasseries doivent pouvoir bénéficier de conseils d'utilisation, d'essais de brassage et d'un accompagnement plus direct.

L'autre grande composante de la feuille de route concerne la transition agroclimatique. Hop France souhaite renforcer le suivi de ses pratiques agricoles, développer des solutions adaptées aux évolutions du climat et structurer davantage son pilotage environnemental et social. Un nouveau Impact Report / rapport RSE est annoncé pour l'automne 2026. Il doit notamment présenter les actions engagées, la vision de l'entreprise ainsi que plusieurs indicateurs commerciaux, sociaux et environnementaux. Une seconde étape est déjà envisagée à horizon 2029, avec l'ambition d'aller plus loin dans les exigences RSE et dans l'adaptation de la filière aux nouvelles contraintes climatiques.

Nouveau logo Hop France 2026
La véritable "R-évolution" de Hop France est finalement là. Pendant longtemps, choisir un houblon revenait principalement à sélectionner une variété pour son taux d'acides alpha et quelques descripteurs aromatiques. Les nouveaux travaux montrent une réalité beaucoup plus complexe et beaucoup plus intéressante pour les brasseries. Avec ses nouvelles fiches techniques, Hop France commence donc à passer du simple catalogue variétal à une forme de mode d'emploi aromatique des houblons français.
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Lallemand présente la WLP079 Suava Ale Yeast, une nouvelle levure sèche destinée notamment aux Hazy IPA, Double IPA et Pale Ale. Derrière son profil très contemporain, biotransformation, thiols et arômes tropicaux, se cache pourtant une levure issue d’une ancienne population de levures de ferme norvégiennes.
Goyave, fruit de la passion, raisin blanc, cassis… la nouvelle WLP079 Suava Ale Yeast a clairement été développée pour répondre aux attentes des brasseurs travaillant sur des bières très aromatiques et houblonnées. Mais son intérêt ne réside pas seulement dans son profil sensoriel. Cette souche de Saccharomyces cerevisiae est issue d’un programme de recherche mené par Escarpment Laboratories, puis produite sous forme sèche par Lallemand Brewing et commercialisée par White Labs.
Son origine permet surtout d’illustrer une nouvelle piste dans la sélection des levures brassicoles : retourner vers la diversité génétique des anciennes levures de ferme européennes pour y rechercher des propriétés intéressantes pour les bières modernes.
D’une levure fermière norvégienne à une souche pour IPA modernes
L’histoire de la levure Suava trouve ses origines dans les anciennes traditions brassicoles du nord et de l’est de l’Europe. Pendant des siècles, les brasseurs fermiers y ont entretenu leurs propres cultures de levures, en les réutilisant d’un brassin à l’autre ou en les conservant séchées sur différents supports. Ces pratiques ont contribué à préserver des populations de Saccharomyces cerevisiae distinctes des lignées devenues dominantes dans les brasseries modernes.
Une étude publiée en 2024 par Richard Preiss et ses collaborateurs, portant sur 35 levures traditionnelles provenant notamment de Norvège, des pays baltes et de Russie, a ainsi identifié un groupe génétiquement particulier baptisé "European Farmhouse". Celui-ci rassemble notamment des levures norvégiennes apparentées aux kveik ainsi que des souches provenant de la région baltique. La souche parentale de WLP079 Suava appartient à ce patrimoine. Elle aurait été isolée dans le Haut-Telemark en Norvège, à partir d’une levure fermière traditionnelle appelée localement "Berm".
Cette levure présentait un potentiel aromatique particulièrement intéressant, notamment une forte capacité à libérer certains thiols, mais ses performances fermentaires n’étaient pas nécessairement adaptées aux contraintes d’une brasserie moderne. Les levures du groupe "European Farmhouse" sont en effet très diverses : certaines fermentent extrêmement rapidement, tandis que d’autres assimilent moins efficacement le maltose ou le maltotriose.
Escarpment Laboratories a donc entrepris d’améliorer la souche grâce à une technique non-OGM d’évolution adaptative en laboratoire (Adaptive Laboratory Evolution - ALE). Le principe consiste à cultiver la levure pendant de nombreuses générations dans des conditions exerçant une pression de sélection afin de favoriser progressivement les cellules présentant les caractéristiques recherchées.
Dans le cas de Suava, la sélection a notamment été réalisée dans un moût pauvre en nutriments et riche en maltose afin d’améliorer la vitesse et la régularité de fermentation. Du Phantasm, une poudre issue de pellicules de Sauvignon blanc néo-zélandais riche en précurseurs aromatiques, a également été utilisé au cours du processus de sélection.
Le résultat est une souche non-OGM, issue d’une ancienne levure fermière norvégienne mais sélectionnée pour répondre aux besoins du brassage contemporain : de meilleures cinétiques de fermentation tout en conservant son potentiel de biotransformation et son expression aromatique tropicale.
Des thiols maîtrisés, des arômes tropicaux renforcés
Le séquençage de Suava aurait révélé neuf copies fonctionnelles du gène IRC7. Celui-ci code une β-lyase, une enzyme capable de libérer certains composés soufrés aromatiques à partir de précurseurs initialement non volatils.C’est précisément l’un des mécanismes aujourd’hui particulièrement étudiés dans le cadre de la biotransformation des précurseurs thiolés présents notamment dans le houblon. Beaucoup de levures brassicoles possèdent des versions tronquées ou moins fonctionnelles de ce gène. Chez Suava, cette activité enzymatique est au contraire particulièrement élevée.
La présentation technique précise notamment que la souche est active sur des précurseurs thiolés liés à la cystéine, provenant du houblon ou de matières premières riches en précurseurs comme Phantasm. L’utilisation de ce type de matière première peut ainsi augmenter fortement l’expression thiolée. L’objectif n’est néanmoins pas de produire une bière dominée par les thiols. Escarpment et White Labs présentent plutôt la souche comme permettant une expression "contrôlée et équilibrée" des thiols, venant renforcer les arômes issus du houblon.
Le profil aromatique de Suava ne repose toutefois pas uniquement sur ce mécanisme, la présentation signale également des particularités génétiques liées à FAS2, associées à la production d’esters éthyliques fruités, et à ATF, associées aux esters d’acétate et à une plus grande complexité aromatique. Les caractères fruités de la souche résultent donc de la combinaison entre esters de fermentation et libération de thiols.
Les principaux descripteurs rapportés sont :
- goyave
- fruit de la passion
- raisin blanc
- cassis
- agrumes et pamplemousse
- fruits tropicaux
- notes florales et de vin blanc
Le nom Suava serait d’ailleurs la contraction de « suave », en référence à une sensation douce, ronde et soyeuse, et de "guava", la goyave, l’un des marqueurs aromatiques caractéristiques de la souche.
Avant sa commercialisation, Suava, alors identifiée sous le nom EXP-666, a été testée dans 18 brasseries d’Amérique du Nord et d’Europe, principalement sur des Hazy IPA, NEIPA, DDH IPA et Pale Ale. Les essais ont confirmé un profil dominé par les fruits tropicaux, le fruit de la passion et le raisin blanc, avec un trouble persistant, une atténuation généralement comprise entre 76 et 83 % et aucun diacétyle signalé.
Lors des essais comparatifs, Suava s’est notamment distinguée par une expression plus marquée de la goyave, du fruit de la passion et du raisin blanc, avec une bouche ronde et des thiols perceptibles mais non dominants. Comparativement, LalBrew Pomona était davantage orientée vers la mangue, la pêche et l’ananas, tandis que LalBrew Verdant présentait un profil plus axé sur le pin, les agrumes et le pamplemousse.
Une levure thiolée adaptée aux IPA modernes
La levure Suava se distingue par une fermentation relativement chaude, White Labs recommandant 24 à 30 °C et un taux d’ensemencement de 75 à 100 g/hl, pour une atténuation annoncée de 72 à 82 %.
Les essais ont montré que des températures ou des taux d’ensemencement trop faibles pouvaient ralentir fortement la fermentation. La disponibilité en FAN, azote aminé libre, semble également jouer un rôle, notamment avec certains malts européens. La présentation indique par ailleurs que l’ajout de nutriments et l’oxygénation du moût ont favorisé, lors des essais, des fermentations plus rapides et plus complètes, même si l’oxygénation n’est habituellement pas indispensable avec une levure sèche.
POF négative et faiblement floculante, la souche favorise un trouble stable et un profil doux particulièrement adapté aux Hazy IPA.
Son intérêt principal reste toutefois sa capacité à participer à la biotransformation des précurseurs thiolés, avec des notes de fruit de la passion, raisin blanc, cassis ou fruits tropicaux. Contrairement à certaines levures thiolées développées par modification génétique, Suava est non-OGM et non hybride : son potentiel aromatique provient d’une ancienne levure fermière puis d’un travail de sélection adaptative visant davantage une expression équilibrée des thiols qu’une maximisation de leur intensité.
WLP079 Suava en bref
Type : Saccharomyces cerevisiae, levure sèche, non-OGM, POF-
Atténuation : 72-82 %
Floculation : faible
Température : 24-30 °C
Ensemencement : 75-100 g/hl
Tolérance à l’alcool : 8-12 %
Repiquage : oui
Formats : 500 g ; 11 g annoncé à partir de l’automne 2026
White Labs précise que la souche peut être repiquée, avec une attention particulière portée à la nutrition de la levure avant récolte et à une bonne sédimentation en cuve.
Quels styles de bière brasser avec Suava ?
White Labs recommande principalement la souche pour les :
- Hazy / Juicy IPA
- New England IPA
- Double IPA
- DDH IPA
- American IPA
- Pale Ale
Mais son potentiel pourrait dépasser ces catégories, la possibilité de moduler son expression aromatique par le choix des houblons, des matières premières riches en précurseurs et des paramètres fermentaires ouvre notamment des pistes pour différentes bières modernes centrées sur les arômes de fermentation et de houblon.
Selon Lallemand et White Labs, le choix des houblons constitue notamment un levier pour contrôler l’expression thiolée, tandis que l’ajout d’une matière première riche en précurseurs comme Phantasm peut au contraire l’accentuer fortement.
Son profil est suffisamment marqué pour que le choix de la souche fasse véritablement partie de la construction de la recette : Suava n’est pas seulement chargée de transformer les sucres en alcool, elle devient un outil supplémentaire pour améliorer le profil aromatique du houblon. Nous attendons donc vos premiers retours avec impatience!
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Entre héritage tchèque, terroir alsacien et innovation française, la Pils Alsacienne pourrait bientôt obtenir sa place dans les guidelines du Beer Judge Certification Program (BJCP). Une démarche portée par des passionnés comme Maxence Creusat, Hervé Marziou et Patrick Gauger, qui voient en ce style bien plus qu’une simple variation régionale : une identité brassicole à part entière, forgée par un siècle d’histoire, des ingrédients uniques et une philosophie d’équilibre.
Une naissance entre Bohême et Alsace : l’acte manqué historique
L’histoire de la Pils Alsacienne commence souvent par une date : 1929, avec la création de la Meteor Pils par Louis et Frédéric Haag à Hochfelden. Pourtant, comme le souligne Maxence Creusat, collectionneur et historien de la bière, cette date n’est que la pointe émergée de l’iceberg : « On va fêter dans trois ans le centenaire de la première Pils Alsacienne, celle de 1929. Mais en réalité, dès 1909, la brasserie Derendinger à Haguenau présentait déjà sa bière comme un "ersatz Pils", un substitut local à la Pils tchèque. Et en 1912, les brasseries Fischer et Schutzenberger faisaient de même. »
Cette filiation assumée avec la Bohême est cruciale. Louis Haag, inspiré par un séjour en Bohême, imagine une bière de type pilsner, mais adaptée au terroir alsacien, notamment grâce au houblon Strisselspalt, cultivé localement depuis 1805 grâce au fondateur de la Brasserie Derendinger qui importa 900 plants de Saaz de Bohème. En 1931, la brasserie Meteor obtient même l’autorisation officielle du gouvernement tchécoslovaque d’utiliser le terme « Pils », à condition d’y ajouter la mention « Bière d’Alsace ».
« Les brasseurs alsaciens avaient conscience de brasser une bière pour remplacer la Pils tchèque. C’était une démarche marketing, mais aussi une affirmation : on fait une Pils, mais une Pils alsacienne. »
Pourtant, malgré cette longue tradition, la Pils Alsacienne a longtemps souffert d’un manque de notoriété. Maxence Creusat évoque un « acte manqué historique » : « La culture brassicole alsacienne est l’une des plus riches d’Europe, mais elle n’a jamais réussi à faire reconnaître son style à l’international. Les Italiens, eux, ont obtenu la reconnaissance de leur Italian Pilsner, un style bien plus récent, datant des années 1990. Nous, avec une recette et un savoir-faire vieux de plus d’un siècle, on n’y est pas encore parvenu. »
Bouteille ancienne Pils Schutzenberger et sous-bock Meteorpils
Un style à part entière
Pour convaincre le BJCP, l’équipe de Maxence Creusat a construit un dossier solide, articulé autour de cinq arguments clés :
1- Des qualités organoleptiques propres
La Pils Alsacienne se distingue par :
- Un profil floral et herbacé, signature du Strisselspalt.
- Une mousse blanche, dense et persistante, plus marquée que celle des Pils allemandes.
- Une bouche sèche mais ronde, avec une finale « coupée » (une sensation de fraîcheur en fin de dégustation).
- Une amertume « souple », moins agressive que celle des Pils allemandes, mais plus présente que dans les Pils tchèques.
« On a dressé des cartes gustatives pour comparer la Pils Alsacienne, la Pils tchèque et la Pils allemande. Les différences sont nettes : la nôtre a une signature florale, une sécheresse en bouche, et une mousse particulière. » Plusieurs observateurs internationaux décrivent aujourd’hui la Pils Alsacienne comme une véritable “troisième voie” entre les grandes traditions pils européennes : moins tranchante qu’une German Pils, moins maltée qu’une Czech Pils, mais portée par une élégance florale et une grande buvabilité.
2 - Un processus de brassage unique : la décoction à deux trempes
Technique traditionnelle alsacienne, cette méthode apporte une profondeur maltée sans alourdir le profil. Patrick Gauger, ancien maître brasseur de Fischer, a travaillé sur cet aspect pour le dossier BJCP.
Les exemples contemporains de Pils Alsaciennes montrent également l’importance du lagering prolongé, souvent quatre semaines ou plus, ainsi qu’un soin particulier apporté à la clarification et à la carbonatation naturelle sous pression (spunding), afin d’obtenir une bière particulièrement nette, brillante et désaltérante.
3 -Des ingrédients emblématiques
- Le Strisselspalt : « Le houblon alsacien par excellence. Il confère à la bière des arômes floraux, herbacés, parfois poivrés. »
Un point non négociable : pour Maxence Creusat, une Pils Alsacienne doit contenir au moins du Strisselspalt, mais pourrait être mélangé à d’autres variétés françaises (Aramis, Mistral, Barbe Rouge…). Des brasseurs étrangers décrivent également le Strisselspalt comme un houblon particulièrement délicat et “culinaire”, davantage orienté vers la finesse aromatique et l’équilibre que vers l’intensité variétale moderne.
Houblon Strisselspalt et ses flaveurs
- Le maïs : Utilisé à hauteur de 20% dans certaines recettes (comme chez Meteor), il apporte une douceur céréalière et une texture plus légère, sans diluer le goût. « Le maïs n’est pas là pour économiser, mais pour affiner la bière. C’est un choix technique, pas un choix de coût. Et ça rapproche la Pils Alsacienne des Classic American Pilsners du début du XXe siècle. »
- Le riz : Moins courant, mais historique. « Pendant la période coloniale, des brasseries comme Fischer utilisaient du riz d’Indochine. C’était une façon d’utiliser des matières premières françaises, même si "françaises" pouvait vouloir dire à 10 000 km de l’Alsace ! »
- Le profil d’eau alsacienne : « Une eau pure, de grande qualité, qui contribue à la minéralité du style. »
4 - Un lien fort avec la gastronomie locale
La Pils Alsacienne s’accorde très bien avec les plats traditionnels (choucroute, baeckeoffe, tarte flambée…), ce qui renforce son ancrage territorial.
5 - Une continuité historique
Contrairement à d’autres styles disparus, la Pils Alsacienne n’a jamais cessé d’être brassée depuis 1929 (sauf pendant la Seconde Guerre mondiale, faute de matières premières). « Aujourd’hui, des brasseries comme Meteor, Fischer, Perle ou même des microbrasseries comme Les Intenables qui créera une Pils pour l’ouverture du Stamm en juin 2026 à Meximieux et perpétuent la tradition. Et aux États-Unis ou au Japon, des craft breweries s’en inspirent déjà ! [… ] La Pils de Perle, c’est un peu la référence pour nous. Elle incarne parfaitement ce qu’on veut faire reconnaître : une bière à la fois traditionnelle et distincte. »

Une tradition réinvestie par les brasseries artisanales
Cette lecture historique du style trouve aujourd’hui un écho chez une nouvelle génération de brasseries artisanales alsaciennes. À la brasserie Les Intenables, Alice Godet défend une vision très précise de ce que devrait être une véritable Pils Alsacienne contemporaine : « Pour nous le critère principal est qu'elle soit brassée avec des houblons d'Alsace et avec forcément un Strisselspalt. Au même titre qu'on met toujours du Saaz dans une Czech Pils, on met toujours du Strissel dans une Pils Alsace. »
Alice Godet insiste également sur certaines différences techniques et sensorielles qui distinguent la Pils Alsacienne de ses voisines européennes : « La Pils Alsace est beaucoup plus florale que ses cousines, due aux houblons alsaciens, et moins amère, plus claire, et sans aucun caractère diacétyle ou soufré. » Selon elle, cette identité passe aussi par un profil d’amertume plus modéré : « Sur le profil de fermentation, la différence est subtile, ici en tout cas on est quelques degrés de plus (14°, pour du 12° en Allemagne et du 9° en Tchéquie) ce qui fait que la version Alsace n'a aucun caractère dia ou souffre (qui sont parfois recherchés ailleurs et typique de certains style de lager). La Pils Alsace est pour nous particulièrement claire, jaune paille, plus claire qu'une Czech Lager. Elle est aussi moins amère que sa version allemande. Le BJCP donne par exemple des IBU autour de 35 pour une pils allemande de mémoire, alors qu'en Alsace les gens ont plus un goût plus doux, entre 15 et 25 IBU je dirais. » Certaines interprétations craft contemporaines peuvent toutefois proposer un houblonnage légèrement plus expressif, tout en conservant les marqueurs considérés comme centraux au style : finesse florale, amertume souple et grande buvabilité.
Pour la pils en préparation pour le Stamm dans l’ancienne brasserie Wagner, l’approche revendiquée est clairement patrimoniale : « On a cherché à se rapprocher de ce que pouvait proposer la brasserie Wagner à l’époque. Leur “blonde” était justement un hybride entre une helles et une pils, avec des houblons d’Alsace : cette fameuse pils moins amère et plus florale. »
Un style qui inspire le monde entier
Si la reconnaissance officielle par le BJCP est encore en discussion, la Pils Alsacienne connaît déjà une véritable renaissance auprès des brasseries craft internationales. Aux États-Unis, des brasseries comme KCBC, Human Robot ou Notch Brewing ont récemment brassé des « Alsatian Pilsners » en utilisant malts français, maïs et houblons alsaciens. Au Japon, des brasseries comme Kakitagawa Brewing, Rough & Laugh Brewing ou Farmentry explorent également le potentiel aromatique des houblons français dans des lagers élégantes et modernes. Et également au Mexique avec Cerveceria de la Costa.
Cette fascination internationale montre que le style dépasse désormais son simple ancrage régional. La Pils Alsacienne devient un terrain d’expression pour les brasseurs cherchant des lagers plus nuancées, capables de conjuguer tradition et créativité. Cet engouement s’inscrit plus largement dans le renouveau mondial des lagers artisanales, où de nombreux brasseurs revisitent aujourd’hui les grands styles historiques européens avec une attention renouvelée portée aux matières premières, à la fermentation et à l’équilibre gustatif.
Une reconnaissance qui dépasserait le simple cadre brassicole
Si le BJCP valide officiellement le style, l’impact dépassera largement le cadre technique des concours brassicoles. Ce serait une reconnaissance symbolique forte pour l’Alsace, région longtemps considérée comme le cœur brassicole de la France mais souvent absente des grandes classifications internationales. A noter que le BJCP travaille actuellement sur une refonte de ses guidelines, notamment pour les Pils. Car derrière cette candidature se joue aussi une affirmation culturelle : celle d’une tradition brassicole française capable d’exister entre les grandes influences germaniques et bohémiennes tout en développant sa propre identité. « On a un argumentaire solide : historique, organoleptique, technique. Et surtout, c’est une bière qui existe toujours, qui plaît, et qui a une identité propre. La balle est dans leur camp. » conclue Maxence Creusat.
Cette recherche d’équilibre et de buvabilité explique aussi pourquoi la Pils Alsacienne attire aujourd’hui l’attention de nombreux brasseurs craft à travers le monde, dans un contexte de redécouverte des lagers artisanales. Une bière florale, élégante, intensément désaltérante, façonnée par les houblons alsaciens et par près d’un siècle d’histoire brassicole. Une bière qui, finalement, ressemble beaucoup à l’Alsace elle-même : un territoire de rencontre, d’équilibre et de nuance. En attendant, la Pils Alsacienne continue de séduire, localement comme à l’international, prouvant que les lagers artisanales ont encore de beaux jours devant elles.
Pour aller plus loin : la Pils Alsacienne en 4 points clés
|
Critère |
Pils Alsacienne |
Pils Tchèque |
Pils Allemande |
|
Houblon |
Strisselspalt (floral, herbacé) |
Saaz (épicé, terreux) |
Hallertau, Tettnang (résineux) |
|
Malt |
Français (doux, rond) - Malt Pils français |
Tchèque (riche, malté) |
Allemand (sec, croquant) |
|
Adjuvants |
Maïs (20%), (riz) |
Aucun |
Aucun (Reinheitsgebot) |
|
Texture |
Mousse dense, bouche ronde |
Corps moyen, finale douce |
Sèche, amertume tranchante |
Comme dit, nous vous invitons donc à suivre cette aventure brassicole et à soutenir cette démarche de reconnaissance internationale! Hopla!
Vincent Ferrari
Source/Référence :
La Cité des Brasseurs : lacitedesbrasseurs.fr
The Alsatian Pilsner - Japan Beer Times : japanbeertimes.com/2026/02/issue-65-winter-2026/
Brewing Alsatian-Style Pilsner with Notch : beerandbrewing.com/la-saveur-francaise-brewing-alsatian-style-pilsner-with-notch
The French Pilsners of Alsace - Ryan Pachmayer - Zymurgy magazine : homebrewersassociation.org/zymurgy-magazine/
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10ème édition du Best Of étiquettes bières BtoBeer ! Environ 365 étiquettes, soit 1 par jour, mais rassurez vous, cela ne représente pas notre consommation personnelle!
Véritable panorama de la créativité brassicole et de la création graphique contemporaine, l’étiquette de bière est sans doute l’un des terrains d’expression les plus foisonnants aujourd’hui. On y croise une multitude de styles, de signatures et de regards, reflets des techniques, des tendances esthétiques et des thématiques propres à une époque.
Cette sélection est issue des étiquettes envoyées par une quarantaine de brasseries françaises et leurs illustrateurs (quoi? vous ne participez pas?*), complétée par notre glanage en magasins et sur les réseaux sociaux. Nous les avons regroupées en grandes familles de styles graphiques, même si nombre de créations se jouent des catégories et naviguent librement entre plusieurs univers.
Pour le plus grand plaisir des cervalobélophiles (collectionneurs d'étiquettes de bières) et autres éthylabélophiles (collectionneurs d'étiquettes de boissons alcoolisées), mais aussi pour les passionnées d'arts graphiques et de bières, découvrez la sélection de ce Best Of 2025.
!!! Cette page est très lourde, merci d'attendre le chargement complet de la page pour avoir accès aux galeries pop-up !!!
Abstrait / Géométrique - Artistique et "Fait Main" - Bd / Illustration - Deathcore & Calavera - Engagées, Messages & Détrounements - Funky / Psyche / Grunge / Kitch - Minimaliste / Line / Flat - Photo - Rétro / Vintage / Arts & Crafts - Textes, Symboles, Writing Tag & Graf - Techniques : Découpe / Transparence / Dorure / Reliefs / Vernis
Abstrait / Géométrique
Styles moderne/contemporain, pure design
Artistique et "Fait Main"
Étiquettes inspirées par l'Art et ses techniques (comme "les collages"), pouvant être réalisées par des artistes confirmés ou débutants, parfois fait maison
Bd / Illustration
Étiquettes à l'univers très Bandes dessinées, dessins et oeuvres graphiques, réalisme héroïque
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Engagée, Messages & Détournements
Étiquettes à "messages", plus ou moins engagées, et détournements
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Techniques : Découpe / Transparence / Dorure / Reliefs / Vernis
Formes de découpes et effets de transparence, et effets de dorures, de brillances, de vernis sélectifs.
Merci à toutes les brasseries qui nous ont envoyé des étiquettes avec leurs informations, c'est très apprécié!
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Nous profitons de cet article pour vous souhaiter de Joyeuses Fêtes de Noël et de Fin d'Année 2025!
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Rapport de Moisson Orges et malts 2025 : observations terrain et applications concrètes en brasserie
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Les Maltiers vient de publier son rapport de moisson 2025, révélant une récolte d’orge d’une qualité exceptionnelle en Europe de l’Ouest, malgré un contexte climatique contrasté. Cette année encore, la filière orge-malt prouve sa capacité à s’adapter aux défis environnementaux, offrant aux brasseurs une matière première saine, homogène et techniquement optimisée.
Un Contexte Climatique Exigeant, mais Bien Géré
Les semis d’orge de printemps ont bénéficié de sols secs, permettant des implantations précoces dans la majorité des régions européennes. Cependant, le manque de précipitations tout au long du cycle végétatif a suscité des inquiétudes quant au développement des cultures. Pour l’orge d’hiver, l’implantation automnale s’est déroulée de manière satisfaisante, mais les régions du nord et du centre ont connu une sécheresse prolongée, accompagnée de températures supérieures aux normales saisonnières. Ces conditions ont accéléré la croissance des plantes et mis à rude épreuve les réserves hydriques des sols.
Malgré ces défis, l’état sanitaire des cultures est resté excellent. La pression des maladies est restée faible, et les niveaux de DON (déoxynivalénol) sont particulièrement bas. Les conditions sèches pendant la floraison ont également limité les risques de Fusarium, garantissant une intégrité parfaite des grains.
Variétés et Teneurs en Protéines : Une Homogénéité Remarquable
En orge de printemps à deux rangs, la variété Planet domine largement le paysage variétal, représentant près de 70 % des volumes, suivie de près par Sting, LG Allegro, KWS Fantex, Laureate et KWS Thalis. Pour l’orge d’hiver à six rangs, Faro s’impose comme la variété principale, complétée par Carrousel, Pixel, Constel et Dementiel.

Les analyses montrent des teneurs en protéines globalement conformes aux normes, bien que certaines régions présentent des valeurs légèrement inférieures. Cela s’explique par un printemps sec ayant limité l’absorption de l’azote, suivi de fortes chaleurs estivales qui ont accéléré le remplissage des grains. Pour l’orge d’hiver à six rangs, les teneurs moyennes en protéines se situent entre 9,5 % et 11,5 %, selon les régions, avec un profil sanitaire particulièrement satisfaisant en France Nord-Champagne, en France Centre et en Belgique. L’orge de printemps à deux rangs affiche également des valeurs équilibrées, comprises entre 9 % et 11,5 %, confirmant la bonne maîtrise agronomique de cette campagne.

Des Caractéristiques Maltées Très Favorables
L’un des points forts de la moisson 2025 est le très faible risque de « gushing », ce phénomène redouté de jaillissement incontrôlé de la bière à l’ouverture. Grâce à un état sanitaire irréprochable des orges et à une maîtrise rigoureuse des contaminations fongiques, les brasseurs peuvent aborder cette campagne avec sérénité. Les premiers résultats d’analyses malt confirment l’absence de problèmes majeurs de sécurité alimentaire.
Les températures de gélatinisation de l’amidon se situent dans la norme basse, autour de 64 °C en moyenne. Un programme de brassage classique suffit donc pour assurer une gélatinisation efficace, sans ajustement particulier. Les malts issus de cette moisson présentent de bons niveaux d’extrait, une friabilité élevée, des taux de bêta-glucanes modérés et un pouvoir diastatique solide. L’azote aminé libre (FAN) se situe dans une plage favorable à la fermentation, tandis que l’atténuation finale attendue est élevée et stable.
Observations et Conseils Pratiques pour les Brasseurs

Broyage
Les orges de printemps à deux rangs, comme celles d’hiver à six rangs, issues de la moisson 2025, se distinguent par un excellent calibrage et une homogénéité remarquable des grains. Cette régularité permet aux brasseurs de conserver leurs réglages standards de broyage, sans nécessiter d’ajustements spécifiques. La qualité du concassage favorise une exposition optimale de l’endosperme tout en préservant l’intégrité des enveloppes, ce qui contribue à une extraction efficace et à une filtration maîtrisée.
Températures de gélatinisation et empâtage
Les températures de gélatinisation de l’amidon, revenues dans la plage basse avec une moyenne autour de 64 °C, s’expliquent en partie par les températures modérées observées au printemps et en été, qui ont influencé favorablement la structure de l’amidon. En pratique, un programme de brassage classique reste parfaitement adapté : un palier d’empâtage autour de 65 °C suffit à assurer une gélatinisation complète de l’amidon et une activité enzymatique optimale, sans recourir à des paliers spécifiques ou à des températures plus élevées.
Conseils de brassage
Compte tenu de ces paramètres, les brasseurs peuvent travailler ces malts dans des schémas d’empâtage traditionnels, en infusion simple ou multi-paliers légers, selon leurs habitudes. La bonne modification des malts offre une marge de manœuvre confortable, aussi bien pour des bières à forte buvabilité que pour des profils plus structurés, tout en conservant une excellente efficacité de conversion.
Fermentation
La combinaison d’une germination vigoureuse et d’un taux de protéines équilibré confère aux malts de la moisson 2025 une très bonne fermentabilité. Les températures de fermentation usuelles peuvent être maintenues sans risque particulier, avec une nutrition levurienne adaptée grâce à des niveaux d’azote aminé libre (FAN) satisfaisants. L’atténuation finale attendue est élevée et stable, garantissant une bonne reproductibilité des brassins et une expression aromatique nette.
Filtration et stabilisation
Enfin, les niveaux de bêta-glucanes se situent dans une plage favorable à une filtration fluide et régulière. Les opérations de clarification et de stabilisation ne présentent pas de difficultés spécifiques, permettant des temps de filtration maîtrisés et une bonne limpidité des bières finies.
Malgré un contexte climatique parfois contraignant, la moisson 2025 se distingue par sa régularité et sa qualité. Elle offre aux malteurs et aux brasseurs une matière première saine, techniquement fiable et parfaitement adaptée aux pratiques de brassage classiques. Cette récolte, placée sous le signe de la maîtrise et de la résilience, confirme une fois de plus la capacité de la filière orge-malt à relever les défis climatiques actuels.
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- Catégorie : Bières & Brasseries
Pour sa nouvelle collaboration brassicole, BtoBeer et ses partenaires ont proposés à la Brasserie La Tuilerie de créer une Session IPA légère, florale et fruitée. Une bière pensée collectivement, entre curiosité technique et plaisir partagé.
Une Session IPA, le choix de l’équilibre
« Le choix du style s’est fait en concertation avec l’ensemble des collaborateurs. Nous voulions une bière légère, florale et fruitée, la Session IPA correspondait bien », explique Alexandre Vernet, brasseur à La Tuilerie. Ce style, à la croisée entre accessibilité et expressivité aromatique, s’est imposé comme une évidence pour explorer une combinaison 100 % française de houblons.

Des houblons alsaciens qui s’affirment
Barbe Rouge, Elixir, Mistral et Triskel : quatre variétés de houblons Hop France cultivées en Alsace ont été réunies pour cette recette collaborative. « L’association des quatre houblons a très bien fonctionné. Le profil aromatique est une belle réussite », souligne Alexandre.
Même si, selon lui, ces houblons ne rivalisent pas encore totalement avec ceux du Nouveau Monde, ils démontrent un vrai potentiel : « La combinaison a bien marché, et certains profils aromatiques m’ont agréablement surpris. »
Une fermentation efficace et une belle buvabilité
Côté levure, le choix s’est porté sur Aurora la série limitée 2025 spéciale Northern Ipa de Lallemand Brewing, une souche à forte atténuation. « La fermentation s’est très bien passée. Elle a rendu le corps de la bière léger, améliorant la pintabilité », raconte le brasseur. Le résultat ? Une Session IPA légèrement trouble, très aromatique, au corps fluide.
« Aujourd’hui, la frontière entre IPA et NEIPA est plus floue qu’avant, mais je resterais sur l’appellation Session IPA : le corps reste léger, là où celui d’une NEIPA serait plus dense. »
Sur la partie malt fournit par Les Maltiers (malt pils, malt de blé, flocons d'avoines et dextrine de malt), Alexandre se dit globalement satisfait : « Le rendement était correct » Rien qui ne ternisse pour autant la qualité finale du brassin : « Je referais la même méthode sans hésiter ! »
Des retours très positifs pour une collab spéciale 10 ans
Baptisée Session #10, la bière rend hommage aux 10 ans de BtoBeer. Présentée en avant-première par l’équipe de La Tuilerie sur le stand BtoBeer lors du Salon du Brasseur, elle a rencontré un franc succès auprès des visiteurs. « Les retours ont été très bons ! Un fournisseur de houblons néo-zélandais m’a même envoyé un message pour nous féliciter de la collab », confie Alexandre avec enthousiasme.

Au-delà du résultat final, cette collaboration a permis de renforcer les liens entre les acteurs du réseau BtoBeer. « C’était une super expérience. En tant que brasseur, cela permet de tester de nouveaux ingrédients, mais aussi de rencontrer directement les fournisseurs », conclut Alexandre.
Une collab sans la moindre tuile, portée par la passion, la curiosité et le savoir-faire français signée La Tuilerie!
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- Catégorie : Produits & Industries
Lallemand Brewing s’est vu décerner le Trophée Brassinov 2025 au Salon du Brasseur pour Yops™, une innovation qui redéfinit la manière d’aromatiser la bière. Fruit d’une collaboration entre Lallemand Brewing et la start-up danoise EvodiaBio, Yops™ propose une approche totalement nouvelle : produire les arômes naturels du houblon à partir de levure.
Une saveur de houblon, sans culture de houblon
Avec Yops™, les arômes houblonnés ne proviennent plus que du houblon mais aussi de la fermentation de précision. A partir de la levure Saccharomyces cerevisiae, Evodia a mis au point une technologie brevetée permettant à la levure de produire les terpènes naturels responsables des saveurs et des arômes du houblon.
Résultat : une saveur authentique et stable, libérée des contraintes agricoles et climatiques. Fini les variations de récolte, les pertes à l’houblonnage à cru, ou les fluctuations de prix : Yops™ offre un profil aromatique constant, maîtrisé et durable tout au long de l’année.

Une solution simple, efficace et naturelle
Conçu pour s’intégrer facilement dans les processus de brassage existants, Yops™ se dose comme une huile de houblon, sans nécessiter de modification d’équipement. Totalement soluble, il s’incorpore idéalement en post-fermentation (lors du transfert en Brite Tank ou avant la garde à froid). Avec seulement 25 à 100 ml par hectolitre, un litre de Yops™ peut aromatiser jusqu’à 50 hL de bière.
Cette facilité d’emploi s’accompagne d’un gain de rendement : aucune perte de bière, aucun hop burn, aucun hop creep. De quoi simplifier la logistique et améliorer la rentabilité, tout en réduisant l’impact environnemental.
Un impact environnemental réduit de plus de 80 %
Selon une étude du Danish Technological Institute (2024), l’utilisation de Yops™ réduit considérablement l’empreinte écologique par rapport au houblon traditionnel :
- 83 % d’émissions de CO₂,
- 86 % d’eau utilisée,
- 84 % d’énergie consommée,
- 94 % de surface agricole mobilisée.
Une innovation durable, sans solvant ni synthèse chimique, issue de la fermentation de levures et non de l’extraction végétale.
Une révolution pour les bières NOLO
Les bières sans alcool (NO) et à faible teneur en alcool (LO) présentent un défi majeur : préserver l’intensité aromatique sans l’aide de l’alcool comme vecteur d’arômes. Yops™ relève ce défi. En reproduisant les composés aromatiques du houblon biotransformé, il redonne aux bières désalcoolisées la complexité, la fraîcheur et la puissance aromatique des bières traditionnelles. Lors de tests sur une lager neutre, quelques gouttes de Yops™ ont suffi à transformer le profil gustatif en apportant richesse, moelleux et fraîcheur houblonnée, sans sensation d’artificialité.

Une gamme complète pour tous les styles de bières
Yops™ se décline en six variétés, offrant une palette complète pour les brasseurs souhaitant affiner ou réinventer leurs recettes :
- Floral F2 : Abricot velouté et miel floral, avec nuances citronnées et boisées
- Floral F3 : Floral juteux et sucré, rehaussé d’une pointe citronnée
- Floral F4 : Fraîcheur florale et citronnée, corps fruité équilibré
- Fruity FR1 : Fruits sucrés, raisin juteux, notes tropicales et épicées
- Hoppy H2 : Arôme houblonné intense, zesté et tropical (mangue, fleurs)
- Citrus C1 : Explosion d’agrumes frais, zestes et jus pour une finale vive et complexe
Chaque référence est disponible en format 250 ml ou 1 L, étiquetable comme arôme naturel, arôme de houblon ou arôme de levure. Lallemand propose également des boîtes d’échantillons (6 x 3,8 ml) pour des essais.

Le cinquième ingrédient du brassage
Pour de nombreux brasseurs ayant testé le produit, Yops™ s’impose comme un véritable « cinquième ingrédient » du brassage. Il améliore le goût, masque les notes indésirables, stabilise les arômes dans le temps et prolonge la durée de vie aromatique des bières. Son indépendance vis-à-vis des aléas climatiques et sa constance d’une production à l’autre en font une solution fiable, économique et durable.
Une innovation primée et plébiscitée
Plébiscité par les brasseurs et les experts sensoriels, Yops™ a séduit le jury du Trophée Brassinov 2025 par sa capacité à allier innovation biotechnologique, performance aromatique et durabilité environnementale. Avec Yops™, EvodiaBio et Lallemand ne se contentent pas d’aromatiser la bière : ils redéfinissent la manière même de la concevoir. Yops™, la saveur du houblon, née de la fermentation.
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- Catégorie : Produits & Industries
La dernière innovation de Flottweg marque une étape importante dans la technologie de séparation : le tout dernier modèle de la série AC est la plus grande centrifugeuse à assiettes auto-débourbeuse jamais développée par l'entreprise. Avec une grande surface de clarification et une capacité de débit impressionnante, ce séparateur établit de nouvelles normes pour les tâches de séparation de la bière exigeantes dans les industries des boissons et de l'alimentation.
Le grand frère de la famille des séparateur AC
Le séparateur Flottweg AC2800-420 est le plus capacitif de la gamme pour compléter notre offre de solutions à destination des brasseurs. Avec une accélération de 8 400 g, le séparateur garantit une clarification optimale du produit et ce, à un débit allant jusqu’à 1200 hL/h.
En plus d'une grande surface de clarification – déjà existante sur les autres séparateurs de la gamme Flottweg AC - , l’AC2800-420 est conçu et fabriqué en Allemagne. Il se caractérise par deux points majeurs : une conception robuste, avec des besoins en maintenance optimisés et il reste peu bruyant même en cas d’accélération très élevée.

Concept Long Life pour une fiabilité maximale
Le dernier-né de la famille AC bénéficie également du concept Long Life de Flottweg, conçu pour garantir une durée de vie et une sécurité de fonctionnement maximales avec des coûts d'exploitation minimaux. Des composants à faible usure, un système de lubrification automatisé et des fonctions de surveillance complètes garantissent un fonctionnement fiable à long terme tout en réduisant les frais d'entretien et de pièces de rechange. Fidèle à la philosophie de conception simple et intelligente de Flottweg, ce séparateur est conçu pour être durable et facile à utiliser.
Rendement maximal, bruit minimal : Soft Shot® FLEX
Encore plus rapide, encore plus variable, mais toujours aussi silencieux : le système de déchargement Soft Shot® éprouvé de Flottweg a franchi une nouvelle étape dans son évolution avec le système de déchargement Soft Shot® FLEX.
Les séparateurs auto-débourbeurs de Flottweg sont équipés en série du système de vidange Soft Shot® FLEX pour éliminer les solides séparés du bol. Ce système d'éjection des solides permet n'importe quelle combinaison de vidange partielle et complète. De plus, les volumes de décharge des solides évacués peuvent être réglés à quelques millilitres près.
Grâce à la conception spéciale du système Soft Shot® FLEX, une partie de l'eau de manœuvre reste toujours sous le coulisseau du piston. Cela empêche le coulisseau du piston de heurter le fond du bol pendant la décharge des solides. Il n'y a pas de choc habituel lors de l'éjection. Les solides sont déchargés doucement et silencieusement. La décharge partielle est également courte, précise, constante en quantité, mais silencieuse.


La centrifugeuse AC2800-420 "custom" présentée au Drinktec 2025 à Munich
Contrôle intelligent des processus avec le Brewer Control
Équipé d'une technologie d'automatisation de pointe, le système de contrôle intuitif de Flottweg assure une supervision complète des processus. Le stockage et la sélection des recettes, accessibles en deux clics, garantissent une qualité constante des bières, permettent de gagner du temps et réduisent les erreurs de l'opérateur. L'intégration transparente entre le châssis, le système de contrôle et la machine permet un démarrage en douceur de la production. Cette solution plug-and-play simplifie la mise en service et améliore l'efficacité globale de la production.
Les principales données du séparateur Flottweg AC2800-420 en bref
- Clarification de bière avant filtration jusqu’à 1200 hL/h
- Polissage de bière jusqu’à 350 hL/h
- Ajustement du débit automatique pour les bières dry hoppées
- Conception compacte et facile d’entretien
- Système de débourbage Soft Shot® Flex
- Conception hygiénique, compatible avec le NEP
- Garde hydro hermétique pour minimiser la prise d’oxygène.
- Création de recettes programmables
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- Catégorie : Produits & Industries
AIR LIQUIDE présente ECO ORIGIN™ REMBO™ CO2. Découvrez les avantages de cette nouvelle solution qui vous permet d'œuvrer au quotidien, au travers de votre processus de fabrication de bières et de boissons, pour un monde plus respectueux de notre environnement.
Avec ECO ORIGIN™ REMBO™ CO2, Air Liquide vous accompagne dans votre parcours de décarbonation.
Le CO2 Biogénique, un produit issus de la biomasse
Air Liquide investit pour récupérer du CO2 provenant de sources biogéniques. Parce que ce CO2 biogénique fait partie du cycle naturel du carbone de la planète, il a un effet neutre pour le climat. Disparaissent ainsi les émissions contribuant à renforcer l’effet de serre. En complément de ces sources de CO2 biogénique, AIr Liquide fait appel à de l’énergie 100% décarbonée mais aussi 100% renouvelable (exit donc le nucléaire) pour purifier, liquéfier et conditionner votre CO2 biogénique.

Réduisez l’empreinte carbone de votre produit
ECO ORIGIN™ REMBO™ CO2 vous permet ainsi de réduire significativement vos émissions de gaz à effet de serre liées à votre utilisation de CO2, sans pour autant nuire à la qualité du gaz qui vous est nécessaire : analyses poussées, conformité qualité, mais nous aurons l’occasion de faire un focus complet sur ce point précis de la qualité dans un prochain article.
- Certification de confiance : Données et méthodologie vérifiées
L'Empreinte Carbone ECO ORIGIN™ REMBO™ CO2 est vérifiée et validée chaque année par un tiers indépendant, conformément aux normes ISO 14 021 et ISO 14 067. Ainsi, nous partageons avec vous et en toute transparence l’empreinte carbone du CO2 qui vous a été livré
- Simplicité
Avec ECO ORIGIN™ REMBO™ CO2, vous pouvez réduire vos émissions sans aucun changement : cela n’a aucun impact sur vos installations.
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